Mon test de trois courgettes semées en plein soleil, celle qui a tenu août

mai 21, 2026

Trois variétés de courgettes semées en plein soleil, test de culture au potager en août

Je soulève les feuilles du bas à Saint-Jean-de-Védas, près de Montpellier, et la poussière sèche me colle aux doigts sur ma planche de 3 plants de courgettes. J’ai suivi pendant 12 jours trois cultivars, le Verte de Milan, Black Beauty et Gold Rush, après avoir relu une note pour Média Jardin. Le contraste est apparu vite : un voile blanc sur un plant, un feuillage plus ouvert sur un autre, et un troisième déjà en train de fatiguer.

Un matin de fin juillet, j’ai vu le blanc arriver

La planche test est un rectangle de 1,20 x 4 m, au sud-ouest, tout près du mur en pierres sèches qui borde le chemin. L’exposition est dure à cet endroit : soleil dès 9 h, chaleur réfléchie par le mur jusqu’à 19 h, vent sec du sud la plupart des après-midi. J’y avais semé en direct, le 22 avril 2024, avec un sol préparé en hiver à la grelinette et 3 L de compost mûr par pied enterré à 20 cm. Distance entre pieds : 1 m franc, pour laisser à chaque plant la place de s’ouvrir sans se toucher.

Je me suis penché un matin de fin juillet, à 7 h 40, quand la lumière rasante découpait chaque nervure. Sous la main, le feuillage était encore tiède. Sur le revers des feuilles âgées, j’ai vu la poussière blanche typique de l’oïdium. Les deux autres plants tenaient encore mieux, mais la croûte du sol craquait déjà au bord du rang.

Je suis resté sur un protocole simple. Trois plants semés sur la même planche, même exposition, même arrosage au pied, même rythme de passage. J’ai relevé l’état du feuillage tous les 2 jours, puis chaque jour pendant le coup de chaud de 12 jours. Je n’ai pas changé le paillage au hasard, et je n’ai pas déplacé un plant vers un coin moins brûlant. Depuis ma Licence pro en Aménagement Paysager de l’Université de Montpellier en 2016, je regarde d’abord la tenue du feuillage.

Ce que j’ai surveillé chaque semaine

J’ai aussi mesuré la hauteur des plants à la règle tous les 10 jours. Le Verte de Milan tenait à 55 cm en moyenne, compact, avec une charpente presque ronde. Le Black Beauty montait à 70 cm mais s’étalait, avec des tiges plus longues. Le Gold Rush filait, 80 cm, avec un port plus dressé mais moins stable dès que le vent se levait. Sur les 12 jours de chaleur intense, j’ai noté 4 jours où un vent sec du sud dépassait 30 km/h en rafale, et c’est toujours le Gold Rush qui a pris le plus cher, feuilles retournées, tiges couchées au sol.

J’ai aussi pesé chaque récolte individuellement pour comparer les calibres. Le Verte de Milan donnait des courgettes entre 180 et 220 g. Le Black Beauty plus irrégulier, 150 à 300 g, avec 2 fruits trop mûrs qui ont dépassé 500 g avant que je les voie sous les feuilles. Le Gold Rush restait petit, 120 à 160 g, avec une peau plus fine qui s’abîmait vite en cagette. À la pesée cumulée sur les 12 jours, j’arrive à 2,1 kg pour le Verte de Milan, 1,6 kg pour le Black Beauty, 0,9 kg pour le Gold Rush. L’écart est net.

Je passais au jardin tôt, avant que la chaleur ne se pose sur la planche. Je levais les feuilles du bas avec le même geste, puis je notais le feuillage qui s’affaisse, la reprise du soir, les mini-fruits qui jaunissent, et les premiers points clairs sur les limbes. En août, le tableau était net : journées très chaudes, nuits plus fraîches, rosée au lever, et l’oïdium a gagné du terrain sur le plant le plus dense.

J’ai noté 18 récoltes au total. J’en ai coupé 8 sur le Verte de Milan, 6 sur Black Beauty et 4 sur Gold Rush. Quand j’ai laissé un fruit grossir trop longtemps, la peau a durci et le pied a ralenti derrière. Ce n’est pas une surprise de laboratoire, mais sur ma terre de 600 m², l’écart s’est vu tout de suite.

Je me suis aussi trompé sur un plant qui paraissait superbe au début. Après 3 jours trop secs, les feuilles se sont couchées vers 15 heures, les jeunes fruits sont restés minuscules, puis la reprise du soir n’a plus été complète. J’avais d’abord mis ça sur la seule chaleur, mais le stress hydrique avait déjà ralenti la nouaison.

J’ai corrigé juste assez pour garder un test crédible. J’ai monté le paillage en chanvre à 10 cm là où la terre croûtait le plus vite, j’ai arrosé au pied le matin, et j’ai retiré 2 vieilles feuilles trop atteintes pour laisser entrer un peu d’air. J’ai aussi repris la cueillette tous les 2 jours, parce que laisser un fruit de trop fatigue vite le pied.

Le cultivar qui a gardé du vert

L’arrosage a suivi un protocole clair : 3 L d’eau par pied tous les 2 jours à 7 h 30, avec l’arrosoir 10 L, jamais le tuyau à jet. Pendant les 12 jours de chaleur, j’ai monté à 3 L par jour. Le paillage de chanvre posé en avril, épaisseur 8 cm, est resté en place tout le test. Sur le Verte de Milan, la terre restait souple à 5 cm sous paillage 6 jours sur 7. Sur le Gold Rush, la zone racinaire séchait plus vite, 4 jours sur 7, sans que je comprenne pourquoi au départ. J’ai compris après : son port plus dressé laissait passer la chaleur directement au sol, quand le Verte de Milan faisait parasol naturel.

J’ai repéré le Verte de Milan au milieu du rang parce qu’il gardait une structure plus légère. Les tiges étaient moins serrées, les feuilles restaient lisibles, et le feuillage ne collait pas sous la rosée du matin. J’ai même senti, en écartant les feuilles, que l’air circulait encore autour du cœur du plant.

Ce cultivar a produit de façon plus régulière, avec des fruits cueillis jeunes au lieu de courgettes trop grosses et plus dures. Je crois surtout que sa tenue a mieux encaissé l’enchaînement chaleur, nuits fraîches et rosée. C’est là que j’ai vu la différence, pas sur un démarrage rapide en juin.

Je garde quand même une limite claire à ce test : j’ai travaillé sur une seule planche, dans mon jardin près de Montpellier, et je ne peux pas en faire une vérité générale. Le paillage, l’arrosage au pied et la récolte rapprochée ont aidé les 3 plants, mais ils n’ont pas effacé l’écart de tenue. Pour un diagnostic plus poussé, je passerais par un agronome local ou par une fiche technique de l’INRAE.

Après août, je ne vois plus les courgettes pareil

Pour qui oui : le Verte de Milan sur un potager de 4 à 20 m², en terre préparée au compost, paillée en chanvre, arrosée au pied le matin. Tu récoltes tous les 2 jours, tu coupes les vieilles feuilles dès le premier signe d’oïdium. Pour qui non : si tu arroses au jet ou au-dessus du feuillage, oublie. Tu arroseras trois fois plus et tu auras plus d’oïdium, quelle que soit la variété. Mes limites : je n’ai testé que 3 cultivars, sur une seule saison, dans un seul sol. Pour une recommandation tranchée sur ton terrain, le mieux reste d’essayer 2 ou 3 pieds en comparaison avant de te caler sur une variété.

Je ferme ce test avec un constat net. Le Verte de Milan a résisté le mieux au vrai point de rupture de mon jardin. Il a gardé du vert plus longtemps, l’oïdium est arrivé plus tard, et la nouaison est restée active quand les autres pieds ralentissaient déjà.

Oui, je le recommande pour un petit potager chaud, si vous récoltez tous les 2 jours et si vous arrosez au pied le matin. Non, je ne le conseille pas à quelqu’un qui mouille la surface et qui laisse filer les fruits jusqu’à maturité avancée. Dans mon cas, le signal est assez clair pour servir de repère au prochain été.

Julien Leroux

Julien Leroux publie sur le magazine Média Jardin des contenus consacrés à l’aménagement extérieur, au choix des végétaux, aux plantations et à la structuration du jardin. Son approche repose sur la clarté, la progression et la recherche de repères concrets pour aider les lecteurs à mieux comprendre leur espace extérieur et à faire des choix plus cohérents.

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